Paris – 73ème Café de la Médiation – PROFESSION MEDIATEUR ?! Un art de l’Autre. 14/11/2019 – 18:00 – 19:30


73ème Café de la Médiation – PROFESSION MEDIATEUR ?! Un art de l’Autre. à Institut Catholique de Paris – Auditorium Droit – 74 rue de Vaugirard, 75006 Paris

 

PROFESSION MEDIATEUR ?!

Un art de l’Autre. Des compétences ! Une profession…

De notre projet à sa réalisation…s’installer et développer légitimité & efficacité

Avec

Joëlle Dunoyer Médiateure diplômée, membre de la Rédaction d’INTER-médiés, « LA » revue de la médiation et des médiateurs

Et

Evelyne Kermarrec Secrétaire générale et Directrice juridique du groupe APRIA depuis 2007, Magistrate à titre temporaire (anciennement juge de proximité) depuis 2013, médiatrice institutionnelle dès janvier 2020.

Séance animée par

Hirbod Dehghani Azar Avocat et membre du Conseil de l’Ordre des avocats du Barreau de Paris, Responsable des formations de formateurs ifomene, formateur en négociation raisonnée et négociation collaborative à l’Ecole de Formation du Barreau de Paris

Avec le concours de Stephen Bensimon et Laurence Villeneuve, Directeurs de l’IFOMENE

La médiation se développe en tous domaines de notre vie économique, administrative et privée.

Celles et ceux qui se forment sont d’abord animés par leur conscience. La conscience de côtoyer des difficultés relationnelles et des conflits qui devraient et pourraient être évités ou surmontés.

Ils sont ainsi des porteurs de projets pour notre société, et ils se forment avec l’intention d’améliorer les relations humaines, qu’elles soient commerciales, sociales, sociétales ou familiales…

Mais comment qualifier leur statut en pleine évolution une fois qu’ils sont médiateurs formés, agréés par une cour d’appel, membres de centres et associations (diplômés … ou auto proclamés !), comment qualifier leur statut ? Une mission de bons offices purement philanthropique, un métier important mais accessoire de leur activité professionnelle première, une profession libérale indépendante, une profession reconnue institutionnellement. Comment développer concrètement son activité ?

C’est le dossier du numéro 6 de « LA » revue INTER-médiés. C’est une question de grande actualité qui se pose à tous ceux qui se forment à la médiation. Venez apporter au débat vos expériences et questions après la première demi-heure de présentation. (Exrait de eventbrite.fr )

Inscription sur https://www.eventbrite.fr/e/billets-73eme-cafe-de-la-mediation-profession-mediateur-un-art-de-lautre-71036848125

Maroc : « LA MÉDIATION ET L’ARBITRAGE NE SE DÉCRÈTENT PAS, C’EST UNE CULTURE… » HICHAM ZEGRARY, Secrétaire général du Centre International de Médiation et d’Arbitrage de Casablanca


« Le règlement consensuel des litiges, particulièrement dans le monde des affaires, revêt une grande importance. D’abord, il est une garantie de plus pour l’investissement et améliore le climat des affaires, il maintient pérenne la relation commerciale ou le business et surtout épargne le recours à la Justice, plus long et plus couteux. Au Maroc il est d’autant plus important de renforcer le recours aux modes alternatifs de résolution des litiges, le pays aspirant à maintenir un niveau soutenu des IDE.

Une priorité que l’on retrouve souvent dans les discours du Roi, notamment celui de janvier 2003 à l’ouverture de l’année judiciaire :  « Ainsi, conformément à Notre ferme volonté de continuer à œuvrer pour la promotion des investissements et en application de Nos directives énoncées dans la lettre que nous avons adressée à cet effet, à Notre Premier Ministre, Nous invitons Notre Gouvernement à poursuivre les efforts de modernisation de la justice, en rationalisant le travail, en simplifiant les procédures et en assurant la généralisation de l’informatique. Il est tout aussi nécessaire, par ailleurs, de diversifier les procédures de règlement consensuel des litiges qui viennent à surgir entre les partenaires dans les transactions commerciales, et ce en procédant, avec la célérité voulue, à l’élaboration d’un projet de loi d’arbitrage commercial, national et international, qui permette à notre système judiciaire de répondre aux exigences de la mondialisation et de la compétitivité de l’économie, et de contribuer à drainer les investissements étrangers ».

En décembre 2007 fût alors promulguée la loi 08-05, mettant les jalons d’un cadre réglementaire dédié à ces modes alternatifs. En 2009, à la signature du Pacte national d’émergence industrielle, l’Etat et la CGEM s’engageaient à promouvoir ces modes alternatifs. La même année la Société Financière Internationale et le Centre Euro-Méditérranéen d’Arbitrage et de Médiation concluent une convention de partenariat pour l’instauration des modes alternatifs de résolution des conflits au Maroc.

Pas plus tard que ce lundi 21 octobre à Marrakech, à l’ouverture de la deuxième conférence internationale de la Justice, le message royal a rappelé que dans le discours royal prononcé le 20 août 2009 à l’occasion du 56ème l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, le Souverain avait déclaré que « il convient de développer des modes alternatifs de règlement des différends comme la médiation, l’arbitrage et la conciliation, d’appliquer les peines de substitution et de revoir la justice de proximité ».

« La lettre royale adressée aux participants à la deuxième Conférence internationale sur la Justice est très importante puisqu’elle a tracé une ligne directrice du monde des affaires. Dans cette lettre royale hautement saluée par l’assistance, il est signalé de manière très forte l’importance à accorder à l’arbitrage et à la médiation en tant que modes alternatifs de règlement des litiges. Elle fait écho au discours royal de 2009, où le Souverain avait insisté à ce que le gouvernement s’imprègne de ses directives à ce que le cadre de médiation et l’arbitrage soit effectif et que nous allions en avant vers un environnement propice à l’investissement », explique Hicham Zigrary, Secrétaire général du Centre International de Médiation et d’Arbitrage de Casablanca (CIMAC).

En 2018 encore, le Roi Mohammed VI en s’adressant aux participants de la première conférence international de la Justice avait appelé à l’institutionnalisation de ces modes.

Un projet de code dédié à l’arbitrage et à la médiation conventionnel est aujourd’hui prêt et sera incessamment mis dans les circuits d’approbation.

Mais au-delà des textes de lois et des instances de médiation et d’arbitrage, l’effort doit être consenti dans la sensibilisation et un gros travail reste à faire pour changer la mentalité des usagers de droit pour opérer cette mutation.

« Il est aujourd’hui important de s’inscrire dans cette logique d’encouragement de ces modes. Aujourd’hui, nous avons un projet de Code d’arbitrage et de médiation conventionnelle séparé du Code de procédure civile. C’est important et ça envoie un signal fort sur le fait que ces modes deviennent la pierre angulaire à la justice commerciale qu’il faudrait que les usagers, qu’il s’agisse des juges, les avocats, les experts comptables… poussent les investisseurs à recourir à ces modes alternatifs de règlement des litiges. Le recours à ces moyens ne se décrète pas mais se construit au même rythme que la confiance dans ces moyens », poursuit H. Zegrary.

Au niveau du CIMAC, depuis sa création, il s’est ouvert sur les expériences d’autres centres de médiation et d’arbitrage. C’est ce qui a motivé la signature de nombre d’accord de partenariats et de traités, à l’exemple de celui signé l’année dernière avec le CIRDI, ou encore le mémorandum d’entente avec le centre de Vienne qui gère les litiges liés aux investissements de l’Europe de l’Est.

« Nous avons également signé une convention avec le Millennium Challenge Account et le Millennium Challenge Corporation, un programme du gouvernement des Etats Unis d’Amérique. Ce programme a choisi le CIMAC comme centre de règlement de litiges, ce qui est un gage de confiance dans notre travail au sein du CIMAC », conclut Hicham Zegrary.

Un bilan plus exhaustif sera dévoilé lors de la prochaine édition de Casablanca Arbitration Days qui se tiendra les 5 et 6 décembre prochains à Casablanca. » – Imane Bouhrara – (Extrait de ecoactu.ma du

En savoir plus sur https://www.ecoactu.ma/webtv-hicham-zegrary-la-mediation-et-larbitrage-ne-se-decretent-pas-cest-une-culture/

Emploi : Médiateur familial / Médiatrice familiale 17 – ROCHEFORT –


Logo Pôle emploi

L’AEM 17 recherche un médiateur familial à temps plein pour intervenir sur les secteurs de St Jean d’Angély et Rochefort Celui aura pour missions : d’assurer la mise en œuvre des médiations familiales ordonnées et spontanées, de participer aux réunions inhérentes à la médiation familiale utiles à la promotion et au développement du service, d’assurer la promotion de la médiation familiale sur le département de la Somme (tenue de permanences, organisation de réunions d’informations auprès des partenaires ), de restituer à la direction départementale les éléments relatifs aux dossiers qui sont utiles aux partenaires, notamment en termes de statistiques. Il est indispensable que le candidat soit titulaire du diplôme d’état de médiateur familial. .

Type de contrat
Contrat à durée indéterminée
Contrat travail
Durée du travail
35H Horaires normaux
Salaire
Salaire : Mensuel de 2104,00 Euros à 2105,00 Euros sur 13 mois
Mutuelle
Déplacements
Déplacements : Fréquents Départemental

PROFIL SOUHAITÉ

Expérience

  • Débutant accepté

Savoirs et savoir-faire

  • Établir le contrat de médiation avec le couple, la famille
  • Organiser les rencontres et favoriser les conditions de dialogue entre les participants
  • Orienter une personne vers des partenaires relais
  • Suivre le couple ou la famille et apporter un appui à la formalisation du projet d’entente conjugal ou familial
  • Vérifier le consentement des participants, leur motivation lors de la mise en place de la médiation et les informer sur les modalités d’intervention

Savoir-être professionnels

  • Sens de la communication
  • Sens de l’organisation
  • Rigueur

Formation

  • Bac+3, Bac+4 ou équivalents Sciences humaines – Diplôme Etat de Médiateur familialCette formation est indispensable

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

  • Qualification : Employé qualifié
  • Secteur d’activité : Activités de sécurité privée

ENTREPRISE

ASS D’ENQUETE ET DE MEDIATION

10 à 19 salariés

Site internet
http://association-aem.fr/

L’AEM est une association socio-judiciaire qui réalise des missions sous mandat judiciaire : missions pénales et civiles. (Extrait de pole-emploi.fr)

Le Maroc et le Bénin consolident leur coopération en matière de médiation institutionnelle


Le Maroc et le Bénin consolident leur coopération en matière de médiation institutionnelle

L’Institution du Médiateur du Royaume du Maroc et l’Institution du Médiateur du Bénin ont signé, vendredi à Rabat, une convention de coopération et de partenariat, dans le but de consolider leur coopération bilatérale en la matière.

 Née d’une approche d’institutionnalisation de la coopération déjà existante entre les deux pays en matière de médiation institutionnelle, cette convention va ouvrir la voie à un meilleur partenariat durable et fructueux aussi bien au niveau bilatéral que dans la cadre de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF), présidée par le Médiateur du Royaume, Mohamed Benalilou… (Extrait de mapexpress.ma du 25/10/2019)

En savoir plus sur http://www.mapexpress.ma/actualite/societe-et-regions/maroc-benin-consolident-cooperation-en-matiere-mediation-institutionnelle/

Québec : Le Québec devrait être médiateur sur la scène internationale, selon Québec solidaire


« Le parti de gauche demande au gouvernement Legault de créer un « Service de règlement des conflits internationaux », qui relèverait du ministère des Relations internationales (MRI).

Le gouvernement Legault devrait donc déployer des fonctionnaires et des experts dans des zones de conflit.

Ces derniers seraient chargés de jouer un rôle de médiateur, en faisant faire valoir l’expertise du Québec en matière de règlement pacifique des conflits.

C’est ce qu’ont valoir vendredi en conférence de presse trois députés solidaires, Catherine Dorion, Sol Zanetti et Ruba Ghazal.

Ils aimeraient que leur proposition soit intégrée à la future Politique internationale du Québec, qui doit être annoncée cet automne par la ministre Nadine Girault.

Québec solidaire dit vouloir faire entendre à l’étranger « une vraie voix diplomatique décomplexée » pour le Québec.

Le parti revendique aussi « un vrai fauteuil » pour le Québec autour de la table de négociation des traités et des accords internationaux, dont les accords de libre-échange.

Les délégations du Québec à l’étranger devraient être autre chose que des « bureaux de vente » pour les entreprises québécoises intéressées à exporter, selon Mme Dorion, qui juge « réductrice » l’approche actuelle du gouvernement à l’international, trop axée sur l’économie.

Québec solidaire revendique « une posture d’avancement de l’influence du Québec dans le monde », a résumé Mme Dorion » – J. Richer – (Extrait de lapresse.ca du 25/10/2019)

En savoir plus sur https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201910/25/01-5246990-le-quebec-devrait-etre-mediateur-sur-la-scene-internationale-selon-qs.php?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

Médiation scolaire : Des élèves diplômés en médiation à l’école Ferry de Relecq-Kerhuon (29).


L’année scolaire dernière, huit élèves de CM1 volontaires ont été formés à la médiation. Cette année, en CM2, ces élèves viennent de recevoir leur diplôme.

« Qu’est-ce la médiation ? Il s’agit d’appréhender autrement le conflit à l’école. Il s’agit de faire du conflit une véritable opportunité éducative. Pour cela, il faut donner la possibilité à chaque élève de l’école d’exprimer ses besoins, de formuler des demandes, de clarifier ce qui est du domaine de l’émotionnel, du subjectif et ce qui est du domaine des faits, de l’objectivité. L’objectif est ainsi d’éduquer à la responsabilité et à la citoyenneté en formant des élèves volontaires à la médiation.

Le rôle des médiateurs est double : anticiper les conflits éventuels, notamment en récréation, en étant attentifs aux relations entre les élèves et en facilitant le dialogue. Il est aussi d’aider à la résolution du conflit, après coup, dans un cadre de médiation officiel avec l’aide d’un enseignant ou d’un animateur présent.

« L’ensemble de ce processus s’inscrit dans les orientations prioritaires du projet de l’école. Il a donc l’accord et l’implication de toute la communauté éducative de l’école. Il est complémentaire des autres formes de régulation de l’établissement, à savoir les conseils de classe et de délégués », souligne Marie-Lise Jégo-Guillou, la directrice de l’établissement. » (Extrait de ouest-france.fr du 25/10/2019)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/le-relecq-kerhuon-29480/le-relecq-kerhuon-des-eleves-diplomes-en-mediation-l-ecole-ferry-6581478

« Médiation/s : un avatar du régime de la communication ? » par Vincent Rouzé, readkong.com (2010)


ReadkonG.com
Résumé
Dans cet article, nous considérons la médiation comme symptôme de notre société contemporaine. Les gouvernements, les médias, les responsables d’entreprises autant que les professionnels de la culture ou de l’éducation et de la recherche s’y réfèrent autant qu’ils y ont recours dans leurs activités quotidiennes. Son usage généralisé témoigne, en ce début du XXIesiècle dela construction réelle et/ou symbolique d’une société en réseau, d’une société « commutative ».
Après avoir analysé les discours qui l’institutionnalisent et la légitiment, nous proposons denous demander si le recours à la médiation n’est qu’un outil au service des stratégies de communication ou si elle s’en démarque. Le plus souvent portée sur l’objet, la relation, le dispositif, la référence à la médiation, toujours plurielle, efface progressivement les dimensions politiques et idéologiques qu’elle sous-tend. Dès lors, nous nous demanderons si la médiation n’est pas un instrument de pouvoir masquant ses ambitions politiques, économiques et culturelles derrière la façade de la relation et du lien possiblement retrouvé. Et par conséquent, nous questionnerons sa contribution à la pérennisation de l’organisation sociale en place ou au contraire à des modalités alternatives, à d’autresformes de participations citoyennes. (Extrait)

Bénin – Dialogue national: le clergé a toujours les mains tendues…


« Au cours de la première session plénière au titre de l’année 2019-2020, qu’elle a tenue du 20 au 23 Octobre 2019, la conférence épiscopale du Bénin, contrairement à l’attente de bon nombre de béninois, ne s’est pas prononcé sur le point des différentes démarches qu’elle a effectuées en vue du retour à la paix. Bien qu’elle ait apprécié la tenue d’un dialogue politique et d’une assise de la résistance organisés les 10, 11 et 12 Octobre 2019, les évêques du Bénin restent convaincus que seul un dialogue national pourra apporter une véritable et profonde paix au Bénin.

En effet, pour la conférence épiscopale, ces deux initiatives se présentent «  comme une étape significative pouvant conduire à un dialogue national en vue d’une authentique réconciliation… « . Des propos des évêques qui expriment leur attachement au dialogue national inclusif qui à leurs yeux semblent être la véritable voie pour une paix non superficielle.

La médiation des évêques du Bénin, une question  toujours d’actualité

Dans la déclaration ayant sanctionné la fin des travaux de la première session plénière au titre de l’année pastorale 2019-2020, la conférence épiscopale n’est pas revenue sur sa supposée suspension de la médiation qu’il a initiée en vue du retour de la paix. En effet, certaines parutions du mois d’Août 2019 ont titré que le clergé catholique a décidé de mettre un terme à sa médiation. Des propos qui auraient été tenus au terme du pèlerinage marial à Dassa, le dimanche 18 août dernier.

A travers un communiqué, la conférence épiscopale du Bénin a démenti l’information quelques jours plus tard en promettant de faire le point des démarche effectuées dans le cadre du dialogue national et de voir la suite à donner à son action.

De facto, beaucoup s’attendaient à ce que dans la déclaration ayant marqué la fin de la première session plénière de l’année pastorale 2019-2020, les évêques situent davantage l’opinion publique sur leur initiative. Mais à défaut de cette démarche, la conférence épiscopale à travers sa déclaration marque toujours sa disponibilité à accompagner un dialogue national lorsque les dirigeants voudraient bien aller dans ce sens. En somme pour eux, ce dialogue national est capital pour une véritable réconciliation nationale.  –(Extrait de beninwebtv.com du 25/10/2019)

En savoir plus sur https://beninwebtv.com/2019/10/benin-dialogue-national-le-clerge-a-toujours-les-mains-tendues/

 

Fait religieux en entreprise : un retour d’expérience


médiation

« Nous avons été sollicités il y a quelques mois pour une médiation « classique » entre une salariée et son employeur. L’objet du désaccord réside sur le port d’un « couvre-chef » par la salariée en question.

Madame F. ne couvrait pas sa chevelure au moment de son embauche, elle en a fait le choix il y a quelques années pendant un congé maternité. À son retour, elle en a parlé à son manager qui a donné son accord pour le faire également sur son lieu de travail. La collaboratrice fait par ailleurs le choix de ne pas porter un voile traditionnel mais une sorte de petit bonnet en tissu couvrant ses cheveux et ses oreilles, « plus discret » à ses dires. Cet objet peut être de différentes couleurs sobres, parfois avec des perles ou des strass brodés dessus.

Cette salariée reçoit de la clientèle en face à face, dans le secteur tertiaire. Elle a d’excellents résultats, est appréciée par ses collègues et ses clients, aucune difficulté n’est à remarquer.

Depuis, le manager de proximité a changé et la relation avec son responsable actuel est plus distante, il y a moins de confiance. La prise de poste de ce responsable a été difficile, plusieurs tensions ont éclaté avec l’équipe.

Un jour, un client connu et réputé « difficile » fait une réclamation concernant le point de vente en question et lors de son appel il évoque « des salariées voilées » sans que ceci ne soit cependant l’objet de son mécontentement. Dans le cadre du traitement de cette réclamation, Madame F. est rencontrée par le service RH qui lui propose soit de découvrir ses cheveux quand elle est à son poste, soit de passer sur une fonction sans interface client. Madame F., choquée, refuse. Elle aime son poste, son « couvre-chef » n’a jamais posé problème, elle ne voit pas pourquoi elle devrait changer de code vestimentaire ni d’emploi suite à la plainte d’un client connu qui ne la concerne même pas.

L’employeur, lui, est décidé à trouver une solution ; très partagé entre l’envie de soutenir et garder cette collaboratrice qui donne satisfaction mais craignant le « buzz » en interne et un « effet de contagion » ou de « revendication » parmi les collaboratrices. Le Directeur Général suit la situation de près lui-même, inquiet que la presse puisse s’en saisir. En effet, expliquant être « très attachés à la notion de laïcité », l’enjeu sur la marque employeur serait forte.

Pendant la médiation, nous explorons les représentations des parties et historique de la situation, afin de comprendre ce qui se joue dans ce désaccord et ce qu’il sous-tend. Du côté de la salariée apparait un fort sentiment de trahison : pourquoi l’entreprise, au lieu de la défendre, a « pris parti » pour le client difficile ? Pourquoi revenir sur cette autorisation alors que son couvre-chef n’a jamais posé problème ? Au contraire ! dit-elle, « les clients aiment bien faire des blagues sur la couleur du jour, on en parle ils posent des questions, ça crée du lien ». Et si c’était un problème, alors pourquoi son responsable ne lui en a jamais parlé ? Si elle est appréciée par son employeur, pourquoi est-ce que cette situation est « montée » directement jusqu’au service RH ? Madame dit comprendre la situation de l’employeur et ne pas lui en vouloir, raison pour laquelle elle ne s’est pas adressée aux représentants du personnel ni envisagé une démarche pour discrimination, ce qu’elle considère à ce stade être le fond de la situation.

La médiation dans une situation comme celle-ci a comme objet également de donner des éléments de compréhension sur le cadre, légal et organisationnel, et de resituer les choses dans leur contexte social et culturel sans porter de jugement. Nous avons ainsi abordé et clarifié assez sereinement la question de la neutralité en entreprise (ici pas inscrite dans le règlement intérieur que nous avons consulté ensemble), définit les contours de termes comme « discrimination » ou « racisme ». Nous évoquons ensemble les stéréotypes et crispations actuelles autour du sujet du voile en France et Madame F. peut évoquer la fatigue que ça lui procure dans le quotidien d’entendre des questions type : « c’est ton mari qui t’a demandé de le porter ? ».

Une fois que ces éléments ont pris leur juste place dans le contexte, d’autres questions plus structurelles commencent à faire surface : la relation entre Madame F. et son responsable actuel, sa progression de carrière, son équilibre temps personnel / temps professionnel, l’enjeu pour elle en tant que mère dans cette situation et « l’exemple qu’elle veut donner à sa fille ». Du côté de l’organisation il en va de même : la réflexion s’enclenche sur l’évolution du métier de chargé de clientèle, la politique de la relation client, la formation des managers, des paradoxes et certaines incongruences dans le cadre posé aux collaborateurs.

La médiation s’arrête autour de l’accord d’accompagner l’équipe du point de vente en entier, où la tension est collective depuis l’arrivée du nouveau responsable. L’employeur s’engage à proposer en parallèle un accompagnement RH à Madame F. incluant notamment des périodes d’immersion dans différents postes afin d’en trouver un qui coïncide avec ses contraintes, motivations et perspectives de carrière à long terme.

Au niveau organisationnel cette situation a permis de lancer une réflexion à la Direction sur le positionnement concernant l’expression du fait religieux au sein de l’entreprise, de le clarifier dans un premier temps puis de formaliser un petit guide à l’attention des managers à moyen terme.  » Parwa Mounoussamy (Extrait de alternego.com du 24/04/2019)

En savoir plus sur https://alternego.com/culturenego/retex-mediation-faitreligieux/

Audio – Médiateur scolaire : déconstruire la violence du quotidien (France Culture – 55mn)


Début octobre, un adolescent de 15 ans a été poignardé à mort aux Lilas en Seine-Saint-Denis, en marge d’un cours de sport. Pour tenter d’éviter ces drames, des médiateurs travaillent au quotidien à déconstruire la violence dans des collèges du réseau d’éducation prioritaire.

Bangaly Bamba, médiateur au collège à Bagnolet, tente de développer les comportements citoyens et de prévenir les conflits
Bangaly Bamba, médiateur au collège à Bagnolet, tente de développer les comportements citoyens et de prévenir les conflits Crédits : Rosalie LafargeRadio France

Il y a tout juste deux semaines, Kewi, un adolescent de 15 ans a été tué lors d’une rixe aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, en marge d’un cours de sport. Un drame qui survient un an après la mort d’un autre jeune garçon, Aboubakar, 13 ans, lui aussi tué aux Lilas dans une rixe entre bandes. Pour tenter d’éviter ces drames, 72 médiateurs sont déployés dans les collèges du réseau d’éducation prioritaire et les écoles élémentaires qui y sont rattachées. Leur mission : développer les comportements citoyens et prévenir les violences.

Le calme règne en ce début d’après-midi au collège Jean Jaurès de Pantin. Mais ce n’est pas le cas tous les jours dans cet établissement classé REP+, réseau d’éducation prioritaire. On est ici dans un quartier où se concentrent les difficultés sociales, où la violence fait partie du quotidien et s’invite jusque dans les cours de récréation et les salles de classe. Ce lundi d’octobre, dans son petit bureau aux canapés gris répartis autour d’une table ronde, Marie Cotte, la médiatrice, a choisi de travailler avec des élèves de 5e sur la communication non-violente.

Autour de sa table ronde, Marie Cotte, médiatrice au collège à Pantin, fait réfléchir les élèves à la communication non violente
Autour de sa table ronde, Marie Cotte, médiatrice au collège à Pantin, fait réfléchir les élèves à la communication non violente Crédits : Rosalie LafargeRadio France

Une personne de confiance

« Dans ces séances là, on aide les autres et les autres nous aident, cela permet d’avoir moins de conflit avec les camarades« , expliquent des élèves. « Si je ne me sens pas bien, je sais que je peux aller la voir et lui faire confiance, elle est plus concentrée sur nous que sur les études, elle fait attention à nous, c’est un peu comme un psy, on peut lui parler de tout ce qu’on a au fond de nous« , poursuivent-ils. « _Il y a beaucoup moins de bagarre depuis qu’elle est là, parce qu’_elle a su donner des conseils sur le fait qu’il ne faut pas se taper, mais plutôt discuter« , ajoutent encore deux garçons.

J’ai observé des jeux assez violents.
Marie Cotte, médiatrice

Elle, c’est donc Marie Cotte. Diplômée de médiation sociale, à 46 ans, cette ancienne assistante d’éducation au franc-parler naturel est devenue médiatrice en milieu scolaire. Elle est arrivée au collège Jean Jaurès fin mai. Et son travail a commencé par un mois d’observation. « J’ai observé des jeux assez violents, ils sont assez violents dans leurs interactions. On a l’impression que c’est naturel pour eux. Et pourquoi ils sont violents, ils ne savent pas répondre« , explique la médiatrice.

Une place particulière qui libère la parole

Elle a donc choisi d’axer son travail sur la prévention. Et sa place particulière lui a permis de gagner rapidement la confiance des élèves. « Je suis souvent dans la cour, dans les couloirs, je ne suis pas l’institution, et le fait d’être impartiale, neutre, tenue à la confidentialité, de ne pas sanctionner, cela libère la parole« , souligne Marie Cotte. Mais la confidentialité a ses limites : quand les problèmes dépassent son cadre déontologique et que l’élève est en danger, elle est tenue de répéter certaines informations.

Selon la médiatrice, son travail porte ses fruits :

Quand j’ai en médiation des élèves qui se sont battus et quand je leur explique quelle est la solution et comment on peut arriver à interagir différemment, ils comprennent. Ils ne deviennent pas forcément les meilleurs amis du monde mais ils arrivent à se respecter en sortant du bureau et ça tient. Je les amène vraiment à la réflexion, en leur demandant comment tu aurais pu agir différemment, quelle est la conséquence de ton acte maintenant, que va-t-il arriver après. Et cela les fait réfléchir. C’est beaucoup un travail de réflexion sur eux-mêmes et la solution finit par venir d’eux-mêmes.

Des établissements ciblés en fonction du climat scolaire

Aujourd’hui en France, entre 40 000 et 60 000 élèves sont concernés par ce dispositif. Des Hauts-de-France à la Guyane, en passant par Rennes, Nantes, ou la région parisienne. Un réseau chapeauté, au niveau national, par l’association France Médiation dont Laurent Giraud est le directeur. « On est _obligatoirement dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans des établissements qui sont en REP+ ou en REP_, assure Laurent Giraud. Dans le développement actuel, on est aussi sur des sites qui sont en cité éducative. Les établissements sont choisis en fonction du climat scolaire et sur proposition des structures associatives. Evidemment, l’établissement doit être volontaire, sinon il n’y aura pas de projet« .

Le projet de la médiation à l’école est né de la question du climat scolaire, selon Laurent Giraud : « Quand on a commencé des expérimentations en 2012, c’était vraiment le cœur du projet. Mais aujourd’hui, si on veut sortir de cette médiation réparatrice et être sur une médiation plus éducative, je pense que la place qui va être donnée au développement des compétences psychosociales des enfants, leur redonner confiance, savoir être dans un collectif, c’est aussi important. Parce que quand vous allez travailler sur ces compétences chez l’enfant, sur les questions de respect, de citoyenneté, de confiance en soi, de fait vous travaillez sur la question du climat scolaire, des violences et du harcèlement« .

Laurent Giraud, directeur du réseau France Médiation
Laurent Giraud, directeur du réseau France Médiation Crédits : Rosalie LafargeRadio France
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Écouter « Si on arrive à faire en sorte que les enfants conscientisent que l’autre peut être une source de richesse, je pense qu’on aura gagné ». Laurent Giraud

3 min

« Si on arrive à faire en sorte que les enfants conscientisent que l’autre peut être une source de richesse, je pense qu’on aura gagné ». Laurent Giraud

Quand vous faites comprendre à un enfant qu’il peut faire du mal à un autre enfant rien que par la parole parce que la parole peut tuer, vous travaillez de manière beaucoup plus forte parce qu’il conscientise ces questions là et vous travaillez forcément sur le climat scolaire.
Laurent Giraud, France Médiation

Éviter les conflits en développant les comportements citoyens et la culture du dialogue : voilà donc le premier axe de la médiation en milieu scolaire. Gérer ces conflits quand ils naissent malgré tout, c’est l’autre volet du travail des médiateurs. Et l’intérêt de leur action, de ce côté-là, est qu’elle dépasse les murs du collège. Le médiateur n’intervient pas seulement dans la cour ou les couloirs. Il est aussi présent aux abords de l’établissement.

La médiation dépasse les murs du collège

Nous voici désormais à Bagnolet, devant le collège Travail Langevin. Un grand bâtiment de briques rouges où sont scolarisés un peu plus de 500 élèves et où l’on retrouve le médiateur, Bangaly Bamba, à l’heure de la sortie. « C’est une heure de grande affluence et mon but est d’accompagner les élèves vers le chemin qui les mène à leur domicile« , raconte celui qui préfère se faire appeler Bamba. Il essaie de faire évacuer les lieux pour éviter les attroupements qui peuvent « aboutir à des chamailleries ou des bagarres« .

Le collège Travail Langevin de Bagnolet
Le collège Travail Langevin de Bagnolet Crédits : Rosalie LafargeRadio France

Plusieurs petits groupes se sont formés, et l’un d’entre eux attire l’œil du médiateur. Il a repéré des élèves d’un autre établissement de Bagnolet, le collège Pulitzer et notamment un adolescent connu pour être « un dur, très influent sur les autres gamins de Bagnolet« . Cela l’interpelle. « Quand il y a des élèves qui ne font pas partie du collège, j’ai tout de suite ce réflexe de comprendre pourquoi ils sont là. Parce qu’il y a des rivalités, ce ne sont pas les mêmes quartiers et ce sont des conflits de quartier qui arrivent jusqu’aux portes de l’établissement« , justifie-t-il. À juste titre. Un peu plus tard et un peu plus loin, au coin de la rue, la situation se tend.

Le médiateur peut raccompagner des élèves chez eux

Le médiateur extrait rapidement un jeune élève d’un début de bagarre et le raccompagne à l’intérieur du collège. Il le ramènera chez lui. « J’ai senti le truc, explique Bamba, cet élève allait se faire frapper, les autres allaient filmer, c’est comme ça. Donc je vais le ramener chez lui et demain, il y aura un suivi, je vais essayer de comprendre ce qui s’est passé« .

Bangaly Bamba, médiateur au collège Travail Langevin de Bagnolet
Bangaly Bamba, médiateur au collège Travail Langevin de Bagnolet Crédits : Rosalie LafargeRadio France
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Écouter Bangaly Bamba surveille les abords du collège Travail Langevin de Bagnolet pour désamorcer les conflits.

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Bangaly Bamba surveille les abords du collège Travail Langevin de Bagnolet pour désamorcer les conflits.

Son sourire le quitte rarement, Bangaly Bamba. Mais quand on évoque avec lui, dans son bureau, la mort de l’adolescent poignardé aux Lilas, son visage s’assombrit. « La situation aux Lilas me désole. Ce sont des choses qui peuvent arriver dans n’importe quel collège. C’est pour ça qu’il est hyper important qu’on puisse être aux abords de l’établissement. Et quand on a ce sentiment d’avoir réussi à désamorcer une bagarre, on se dit ouf quel soulagement. Finalement, _une seule information peut amener à désamorcer un conflit qui peut amener jusqu’à la mort_« .

Un complément précieux pour l’équipe éducative

Tendre l’oreille, dans les couloirs, à la cantine, devant le collège. Écouter, surveiller. Sa situation particulière au sein du collège donne l’occasion à Bangaly Bamba d’entendre et de voir des choses qui permettent de prévenir des situations compliquées et qui parfois, échappent au reste de l’équipe éducative. Sa présence est donc la bienvenue pour la principale du collège, Mathilde Soilleux.

La place du médiateur est différente de la nôtre.
Mathilde Soilleux, principale

« Sa présence est importante, note la directrice, elle est repérée par les élèves et il apporte un complément de ce que peuvent apporter les autres personnels de l’établissement. Sa place est différente de la nôtre, on utilise son savoir-faire, sa connaissance du territoire, sa connaissance des jeunes car il a travaillé comme entraîneur sportif et comme surveillant, donc il connaît les deux côtés des élèves. Il faut qu’on travaille à bien garder cette posture privilégiée et qu’on puisse la développer et s’en servir sur le territoire. C’est pour cela qu’on le fait travailler avec le médiateur de l’autre collège de la ville. On veut qu’ils soient repérés pas tous les élèves difficiles pour pouvoir mener des actions de territoire et pouvoir limiter les risques de rixe qui sont un vrai phénomène chez nous« .

Mathilde Soilleux, principale du collège Travail Langevin de Bagnolet
Mathilde Soilleux, principale du collège Travail Langevin de Bagnolet Crédits : Rosalie LafargeRadio France
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Écouter « Le médiateur apporte un complément au travail des autres personnels de l’établissement », Mathilde Soilleux.

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« Le médiateur apporte un complément au travail des autres personnels de l’établissement », Mathilde Soilleux.

Le besoin de bâtir un cadre pour les élèves

Et Mathilde Soilleux l’assure : « On sent des effets dans l’attitude des élèves, on est tous sur le pont pour apaiser la situation, rappeler le cadre. Parce qu’on se rend compte que _ces élèves ne connaissent pas le cadre_. Ils ont un ensemble de règles qu’il tirent de leur vie familiale ou de leur vie dans la ville, mais pas tellement de la loi. Et l’idée est de leur rappeler la loi, de leur rappeler ce à quoi ils s’exposent. Mais aussi de développer leurs compétences psychosociales, de les faire réfléchir sur ce qu’ils font sans qu’ils aient la menace de la sanction. Ici, on est dans des situations sociales qui sont difficiles, précaires, tendues. Les enfants ont besoin qu’on adapte le cadre, qu’on leur explique bien les choses et qu’on prenne le temps« .

Ce qui est arrivé au jeune Kewi aux Lilas met de nouveau l’accent sur l’urgence à agir. Ce drame a d’ailleurs largement occupé la réunion hebdomadaire des médiateurs franciliens de l’association Citéo la semaine dernière. À l’issue de cette réunion, ensemble, ils ont décidé de tenter quelque chose avec les clubs de foot des différentes villes concernées, une façon de décloisonner les projets des uns et des autres.

La nécessité d’un projet partagé

« La logique de médiation est de mettre autour d’une table l’ensemble des acteurs de la vie du gamin« , met en avant Antonio Furtado, le directeur adjoint de Citéo. « Parfois, on a un mille-feuilles d’actions sur les territoires qui ne sont pas toujours partagées, coordonnées. Là, l’idée est d’avoir un jeu d’acteurs qui soit en permanence dynamique et qu’il y ait des espaces de rencontre, d’échanges et un projet partagé. Le rôle du médiateur est de favoriser cette rencontre pour co-construire des solutions. C’est collectivement qu’on aura des solutions« , assure ce professionnel de la médiation.

Les actions menées sur le territoire ne sont pas toujours coordonnées.
Antonio Furtado, Citéo

Ce partage des informations entre acteurs du terrain « permet de ne pas se tromper« , selon Antonio Furtado pour qui « _se tromper dans le diagnostic, c’est déjà pratiquement se tromper sur le projet_, et comprendre les projets des uns et des autres, c’est pouvoir proposer ou faire évoluer les actions dans le sens d’un projet global et territorial. Il ne faut pas que chacun fasse son truc dans son coin« .

Baisse de la violence, du harcèlement et de l’absentéisme

Cette approche globale, qui dépasse l’enceinte du collège, semble porter ses fruits. C’est en tout cas ce que montre une équipe de chercheurs du Laboratoire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po. Nina Guyon, chercheur à l’université nationale de Singapour, nous en livre les principaux résultats. « On a trouvé une diminution du taux de violence verbale, physique et psychologique, et du taux de harcèlement. Et on la trouve en particulier pour les enfants qui sont les plus sujets à la violence : au collège ce sont les garçons de 6e. C’est pour eux qu’on trouve la diminution de harcèlement la plus forte. La probabilité de se sentir harcelé baisse de 46% pour les garçons de 6e, donc c’est vraiment un effet très fort« .

Les effets de la présence d'un médiateur sur le harcèlement ressenti par les élèves, selon l'étude de Sciences Po.
Les effets de la présence d’un médiateur sur le harcèlement ressenti par les élèves, selon l’étude de Sciences Po. Crédits : Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques
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Écouter « La probabilité de se sentir harcelé baisse de 46% pour les garçons de 6e, donc c’est vraiment un effet très fort ». Nina Guyon

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« La probabilité de se sentir harcelé baisse de 46% pour les garçons de 6e, donc c’est vraiment un effet très fort ». Nina Guyon

Mais ce n’est pas tout : « on trouve des effets sur l’amélioration de la relation entre la famille et l’École, il semble que ce médiateur permet de rapprocher les familles et l’École, de renforcer ce lien, et de manière vraiment intéressante. On trouve enfin une diminution de l’absentéisme à la fois pour les élèves (la proportion d’élèves qui disent sécher les cours diminue de 30%) et _on trouve aussi une très forte diminution de l’absentéisme chez les enseignants_, ce qui est assez crucial car la violence dont les enseignants souffrent du fait des problèmes sociaux dans les zones urbaines sensibles est un problème important. Le pourcentage d’enseignants absents par jour diminue drastiquement : de 52% à 18%. C’est vraiment une baisse très très forte qui, je pense, peut être un élément clé pour améliorer le climat scolaire de l’école dans les quartiers les plus difficiles« , poursuit Nina Guyon.

Les limites du modèle économique de la médiation

Les effets désirables du médiateur s’accompagnent malgré tout d’une difficulté principale : le modèle économique de la médiation à l’école.  Elle repose aujourd’hui sur des financements publics, notamment les fonds de la politique de la ville et dépend donc des choix et des orientations politiques. Et puis, les médiateurs ne sont pas payés des mille et des cents : 1 300 euros net par mois. Cela engendre un certain turnover, un certain roulement dans les effectifs. Mais il en faudrait plus pour décourager les défenseurs du dispositif.

Parmi ces défenseurs, Fadela Benrabia, préfète déléguée pour l’égalité des chances de la Seine-Saint-Denis. « Je crois beaucoup à la question de la médiation, affirme-t-elle d’emblée. Parce que je pense que dans un pays extrêmement clivé, la culture de la médiation, c’est-à-dire de l’apaisement, est quelque chose que nous devons construire. Cela veut dire qu’il faut que, chaque fois qu’on le peut, on intègre des techniques de médiation comme méthode de relation, qu’on ne laisse pas des parties qui s’opposent s’opposer durablement. Evidemment, s’agissant d’élèves, de jeunes, c’est là que nous pouvoir avoir le poids le plus important en terme de résultats« .

Dans un pays extrêmement clivé, il nous faut construire cette culture de l’apaisement.
Fadela Benrabia, préfète à l’égalité des changes

Une approche globale pour diminuer la violence sur un territoire

La médiation en milieu scolaire est un levier pour diminuer la violence sur un territoire, Fadela Benrabia en est persuadée. Mais elle est également convaincue que la médiation seule ne réglera pas tout. « _Il faut une vraie politique de prévention de la délinquance_. Il faut aussi s’attaquer aux trafics de stupéfiants qui entourent les établissements et qui sont souvent à l’origine de règlements de comptes d’une violence terrible. Il faut aussi travailler avec les familles, on peut travailler avec elles grâce aux médiations, mais pas seulement, il faut que l’institution scolaire poursuive son travail là-dessus ». 

« La médiation est un élément important pour irriguer une culture de l’apaisement et du dialogue. Mais pour y arriver, il faut qu’on soit dans des actions coordonnées, qu’on y travaille ensemble. Cet effort d’articulation des uns et des autres est absolument essentiel. Le pari aujourd’hui, c’est la bonne coordination des acteurs« , conclut la préfète déléguée à l’égalité des chances. (Extrait de franceculture.fr du 18/10/2019)

Document audio a écouter sur https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/mediateur-scolaire-deconstruire-la-violence-du-quotidien

Premières assises nationales de la médiation administrative – le 18/12/ 2019 Maison de la Chimie , Paris 7e


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Durant cette journée, une trentaine d’acteurs de la médiation administrative (administrateurs nationaux et locaux, avocats, juges administratifs, médiateurs) feront partager leur retour d’expérience concret à un public de plus de 400 grands décideurs publics et privés.

L’objectif : identifier les clés de la réussite des médiations dans les litiges administratifs et diffuser les bonnes pratiques.

Programme et inscription sur https://jcicuw5y.sibpages.com/