« Des mots pour apaiser des maux. C’est l’objectif du collège Ernest-Bildstein, à Gien. Depuis cinq ans, l’équipe éducative de l’établissement, qui compte 400 élèves, forme des médiateurs parmi ses classes de 4e.
« Ils le restent l’année suivante, précise Anne Galisson, conseillère principale d’éducation (CPE). Nous en avons donc une trentaine par an. En 2018-2019, il s’agit de la quatrième génération. »
Objectif pour ces « facilitateurs de communication » : être à l’écoute, empathiques, rester neutres, ne pas juger, savoir se contrôler. À chaque fois qu’une guerre interne éclate, les éducateurs choisissent les médiateurs opportuns pour gérer la crise.
Anne Galisson, conseillère principale d’éducation, forme les élèves pour leur faire comprendreles enjeux de la médiation.Ces derniers s’enferment dans une salle avec les élèves concernés. Aucun adulte n’intervient. « Ils ne nous racontent pas ce qu’il s’est passé mais remplissent une fiche, ce qui nous permet de savoir si le problème est résolu », détaille la conseillère principale d’éducation.
Des problématiques autres que le harcèlement scolaire
Et le harcèlement scolaire ? « C’est trop grave pour qu’on gère. » Voilà ce que répondent les élèves médiateurs lorsqu’on leur pose la question. D’après plusieurs enquêtes, depuis 2011, 14 % des élèves du primaire, 12 % des collégiens et 2 à 3 % des lycéens expliquent être harcelés.
Selon les adolescents et l’équipe éducative, l’établissement scolaire giennois est relativement épargné. Mais, si cela arrive, « c’est à nous, adultes, de régler ça », affirme Anne Galisson.
« Un collégien sur dix est victime de harcèlement »
Disputes, insultes…
Au sein du collège Bildstein, les conflits les plus fréquents concernent des disputes entre amis, des insultes, des moqueries qui durent dans le temps…
Les principaux conflits concernent des disputes entre amis, des moqueries, des insultes. Les élèves médiateurs ne gèrent pas les problématiques de harcèlement scolaire. »Nous, on doit éviter la violence, faire en sorte que ça ne dégénère pas, explique Lison, 14 ans, médiatrice depuis l’an dernier. De manière générale, ça fonctionne. »
Là où les enseignants font figure d’autorité, les collégiens, eux, deviennent des confidents. « C’est plus facile de parler à des gens de notre âge, indiquent-ils. Ils nous comprennent. On vit dans le même monde. Quand on dit “screenshot” (capture d’écran), ils savent de quoi on parle ! »
Attention aux réseaux sociaux !
« Aujourd’hui, le conflit qui se passe au collège perdure à la maison, il ne s’arrête pas aux portes de l’école. » Anne Galisson pointe du doigt un problème délicat, celui des réseaux sociaux.
Facebook, Instagram… Les moqueries et les insultes continuent le soir, sur Internet, ne laissant aucun répit aux adolescents.
Les élèves le confirment. Souvent, lors des médiations, le sujet revient sur la table : « Le problème, c’est qu’on se dispute par messages mais, comme on ne voit pas l’autre, on ne sait pas exactement ce qu’il veut dire ». A-L Le Jan (Extrait de msn.com du 23/11/2018)
En savoir plus sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/local/conflits-au-coll%C3%A8ge-%C3%A0-gien-des-%C3%A9l%C3%A8ves-m%C3%A9diateurs-t%C3%A9moignent/ar-BBQ0JAs
« Il est rare que le processus de médiation se déroule en vase clos. En plus des protagonistes, il y a souvent divers accompagnateur(trice)s qui peuvent graviter autour du conflit. Ceux-ci viennent soutenir l’un(e) des participant(e)s, soit sur le plan émotif ou encore par leur expertise. Par exemple, il peut s’agir d’un conseiller qui désire assister à la rencontre ou encore, cela peut venir du fait qu’une des personnes impliquées souhaite être accompagnée. Dans le monde du travail, il est fréquent que les conditions d’emploi prévoient que lors d’une médiation, les gens ont droit à la présence d’une personne accompagnatrice. Comment gérer ces situations? et surtout, de quelle manière utiliser cet apport pour favoriser une entente? Pour répondre à ces questions de façon stratégique, il faut d’abord comprendre le phénomène de la facilitation sociale.